L’ASADHO exige une lumière sur les 8 personnes refoulées du Congo-Brazza, disparues à Kinshasa : les familles victimes ont droit de connaitre la vérité.

Communiqué de Presse N°006/ASADHO/2016

Association Africaine de Défense de Droit de l’Homme reste toujours préoccupée par la disparition de plusieurs personnes refoulées de Congo –Brazza, et la découverte macabre de la fosse commune de MALUKU, où 421 personnes ont été inhumées de nuit dans un cimetière depuis, le 19 mars 2015.

Pour la petite histoire, dans la nuit du 19 mars 2015, 421 personnes ont été inhumées dans une fosse commune au cimetière de Maluku, sans explication convaincante des autorités politiques et administratives de la Ville de Kinshasa en République Démocratique du Congo.
D’après ces autorités, il s’agit ni plus ni moins des corps des indigents décédés et gardés dans les morgues de Kinshasa sans que leurs membres de famille ne se soucient de leur enterrement, en dépit de la capacité de ces morgues limitée à 300 corps d’une part, et d’autre part des dépouilles de bébés mort-nés, et dont les géniteurs abandonnent les minuscules corps au soin du personnel médical pour s’occuper de leurs funérailles.

L’enterrement, continuent les autorités de Kinshasa, a eu lieu le 19 mars 2015 dans une fosse commune de Maluku, cimetière situé à une centaine de Kilomètre de la Ville de Kinshasa pour désengorger les morgues dont la capacité est très limitée et qu’il s’agirait d’une quatrième opération du genre menée en moins d’un an. Qu’il ne s’agit aucunement des personnes tuées lors des événements des 19, 20 et 21 janvier 2015, dans la mesure où les victimes de ces événements étaient chiffrés à 17 et que 15 de ces victimes avaient déjà étaient enterrées et que les dépouilles de deux derniers étaient gardés dans un camp militaire.

De leur côté, les Organisations Non Gouvernementales de Droit de l’Homme, pour ne citer que Human Rights Watch, estiment que la position prise par les autorités de Kinshasa laisse planer beaucoup de doute, dans la mesure où ces autorités parlaient de 27 personnes tuées au cours de ces manifestations. Human Rights Watch, elle, en dénombre 10 de plus. Surtout, plusieurs familles n’ont toujours pas récupéré la dépouille de leur proche tué de ces journées de janvier 2015. Qu’il reste encore beaucoup de questions sans réponse autour de cette fosse commune. Et donc, autant d’éléments qui font planer le doute sur l’identité des personnes enterrées à Maluku. Selon les allégations de ces 8 familles, leurs proches ont été refoulés dans la dernière vague de « Mbata ya mukolo », a eu lieu 1janvier 2015 et leur disparition a été constatée dans le camp de Maluku où ils ont été accueillis comme refugiés, et ce, une semaine après. Nous pensons que le gouvernement est en mesure de fournir de la lumière sur la disparition de ces personnes en éclairer leurs familles.

L’Association Africaine de Défense de Droit de l’Homme à son tour, émet de doute en ce qui concerne la thèse avancée par les autorités provinciales, un enterrement d’indigents. Le nombre est énorme pour un enterrement au milieu de la nuit, dans une seule fosse. Bien sûr, c’est possible que ce soit des cadavres abandonnés par les familles ou des bébés mort-nés qui n’ont pas des squelettes mais des cartilages. Pourtant les 8 familles en annexe continuent à chercher encore leurs proches jusqu’ à ce jour..

L’Association Africaine de Défense de Droit de l’Homme se dit choquée que des personnes soient disparues et parfois aient été enterrées dans une fosse commune et d’après les informations obtenues, un bon nombre de victimes seraient ressortissant de la Province de l’Equateur, voir le tableau en annexe, de part les membres de famille venus réclamer les dépouilles de leur proche ou dénoncer la disparition. 

Au regard de ce qui vient d’être démontrer l’Association Africaine de Défense de Droit de l’Homme ainsi que d’autres ONG de Défense de Droit de l’Homme et la Société Civile Congolaise appellent le gouvernement congolais à diligenter une enquête indépendante. Des enquêtes, poursuit l’ASADHO, doivent non seulement être menées sur les 421 corps enterrés dans cette fosse commune, le 19 mars 2015, mais aussi confiées à une commission indépendante dans la mesure où trop de questions sont encore sans réponses jusqu’à ce jour ,et que les réponses données ne sont pas objectives ni vérifiables. Beaucoup de questions techniques demandent que nous ayons des personnes qualifiées, indépendantes (telles que des biochimistes et paléontologues, pour dater par la méthode de Carbone 14 en vue de donner l’âge exact de cadavre, les médecins spécialistes pour l’autopsie, et les militaires spécialistes en balistique pour l’étude d’impact des balles et qui ont aussi un équipement voulu pour pouvoir nous aider à rétablir les faits dans leur vérité.

Ainsi donc, l’ASADHO recommande :

1) Au Gouvernement Congolais, à travers son ministère de la Justice et des Droits Humains de :
-Mettre de manière permanente des moyens logistiques et financiers à la disposition des parquets généraux et cours d’appels pour la répression des crimes contre l’humanité, crimes de guerres et crimes de génocides,
-Sensibiliser l’ensemble du gouvernement sur la nécessité de la mise en place d’un fonds public en vue de dédommager les victimes de ces crimes graves dont les membres reposent au cimetière de Maluku.
2) A la Monusco et autres ONG internationales et nationales du secteur de la justice de :

-Appuyer cette affaire criminelle importante devant la cour d’appel de Kinshasa qui est la première juridiction en RD Congo à instruire des tels crimes.

Fait à Kinshasa, le 08/07/2016

Pour toute information, veuillez contacter
-Mr Jean-Claude Baka,Président Provincial de l’ASADHO
(+00243)814686111

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